Encre sympathique
Depuis tout jeune —ça fait longtemps— j'ai été intrigué par les encres invisibles, que l'on peut révéler par divers moyens. De la stéganographie, avant la cybersécurité.
C'est celle-là que j'avais eue, et j'en ai fait des trucs bizarres. Ça ne risque plus d'exister maintenant, c'était finalement assez dangereux si on n'y prenait pas garde.
Ça faisait un moment que je voulais faire un petit dossier sur cette technique de stéganographie, pour voir s'il existait des procédés plus ou moins faciles à réaliser, et plus commode que le jus de citron et le briquet. J'ai donc cherché un peu sur le web, et après beaucoup de sites sans vraiment d'intérêt, je suis tombé sur un papier de l'ENS Cachan :
- [2015] Les encres invisibles : la révélation / Jonathan PIARD et als. / Département de Chimie, ENS Cachan (copie locale)
Le papier fait une trentaine de pages, aussi je vais me permettre d'extraire ici quelques faits saillants, utiles pour ceux qui veulent avoir une vision rapide du sujet.
Le papier commence par un historique que je vous recommande de lire, car certains détails sont peu connus. En particulier les dossiers secrets pendant la première et la seconde guerre mondiale.
Dépôt
Les techniques de dépôt ne sont pas vraiment originales, à part le fait que l'on ne voit rien ce qui n'aide pas vraiment à écrire. Suivant la taille des caractères, on utilisera un cure-dent, une plume (un stylo-plume pour les plus riches), jusqu'au pochoir.
Le document détaille toutes ces techniques.
Support
Le support peut avoir de l'importance dans certains cas. Le papier est le plus courant, et la manière de le fabriquer, surtout si des produits chimiques sont utilisés, en particulier pour le rendre « encore plus blanc » (azurant optique).
Vous trouverez dans le document les détails de composition et de fabrication des papiers.
Révélation
Les encres sympathiques peuvent être triées par la méthode de révélation :
- Thermique : l'encre devient visible à la chaleur.
- Chimique : réaction chimique avec une solution ou un gaz
- Photophysique : lumière UV ou IR sans réaction chimique
- Photochimique : lumière UV ou IR avec réaction chimique
Thermique
C'est certainement le procédé le plus connu. Le plus simple est de chauffer le papier avec une flamme, en faisant attention de ne pas y mettre le feu.
Vous trouverez les détails techniques et chimiques dans le document.
En particulier, il est possible d'utiliser une réaction réversible (par exemple des composés thermochromes, invisible à l'ambiante et visible à plus haute température), ce qui n'est pas le cas des produits courants où une réaction chimique irréversible se produit en chauffant.
Chimique
Une pléthore de possibilités existe, et la révélation pourra utiliser :
- une réaction acido-basique
- une réaction de précipitation
- une réaction de complexation
- une réaction d’oxydoréduction
ferrocyanure de potassium (réaction de précipitation)
thiocyanate de potassium (réaction de complexation).
Je me souviens vaguement, c'était il y a plus de 50 ans d'utiliser du sulfate de fer et du ferricyanure de potassium.
Le document vous détaillera les réactions chimiques et les recettes.
Photophysique
Les encres fluorescentes sont certainement la version la plus pratique de nos jours. D'ailleurs on s'en sert comme motifs de sécurité pour les objets imprimés, comme les billets de banque, ou d'autres documents importants, en filigrane.
Virtuel ?
Maintenant vous savez comment envoyer des missives secrètes à l'ancienne.