Chaleur et électrons
La génération d'énergie avec un module Peltier, utilisé en mode Seebeck, a permis la récupération de la chaleur du poignet pour alimenter des montres.
L'idée d'utiliser la chaleur humaine pour produire de l'énergie afin d'alimenter une montre n'est pas neuve, mais assez optimiste compte-tenu que la source froide, qui sera le corps de la montre pour l'essentiel, aura une température guère différente de celle du poignet, et donc le rendement sera forcément très faible.
Mais elle est suffisante pour réaliser un produit.
Bulova Thermatron
En 1982, Bulova commercialisa la Thermatron, alimentée via les 700 thermocouples de chacun des 4 générateurs thermoélectriques fournissant 175mV, au total 700 mV, suivi d'un élévateur de tension pour obtenir 1.4 V.
Un problème d'accumulateur et de conception obligea l'arrêt de sa production. La pile Leclanché utilisé pour la Thermatron n'était pas très fiable, perdant sa charge lorsque la montre n'était plus porté au poignet. L'élévateur de tension était aussi incapable de fonctionner sans une tension suffisante au démarrage.
STW Thermatron
Les montres Bulova Thermatron, invendables, furent rachetées par STW qui remplaça la pile Leclanché qui ne gardait pas suffisamment la charge par un condensateur 0,47 F.
Pour le redémarrage, l'ajout d'un trou supplémentaire sur le couvercle arrière permettra d'injecter une charge initiale au condensateur.
STW deviendra par la suite Seiko.
Seiko Thermic
En décembre 1998, Seiko produisit une édition limitée de 500 SBET001 Thermic.
La batterie lithium-ion était chargée par le générateur thermoélectrique d'environ 22 μW sous 300 mV, suivi d'un élévateur de tension.
Citizen Eco-Drive "thermo"
En novembre 1999, Citizen sort les BQ0000-56A (blanche) et BQ0000-56E (noire).
Six générateurs thermoélectriques pour un total de 2268 couples pour le E930, remplacé deux ans plus tard par le F910 et ses 1242 couples pour la CTY66-0341 (blanche) et CTY66-0342 (noire)
Tension du générateur thermoélectrique : 515 mV/K.
Perpetua Power
Au CES 2013, Perpetua Power démontre une montre convertissant la chaleur du corps en électricité.
Matrix PowerWatch
La société Matrix vend des montres à recharge thermoélectrique, les PowerWatch.
Annoncée en novembre 2016 puis livrée en novembre 2017, la PowerWatch de Matrix Industries est une montre alimentée par la chaleur du corps.
Ces montres contiennent un module thermoélectrique Matrix Gemini, suivi d'un élévateur de tension DC-DC Matrix Mercury.
C'est une montre connectée, c'est maintenant classique comme montre, avec un afficheur ─pas d'aiguille à l'ancienne. Il en existe toute une série de modèles.
- En juin 2018, Matrix Industries commence à livrer la PowerWatch X, une nouvelle version.
- La PowerWatch 2 est annoncée au CES 2019, alimentée thermiquement, mais aussi par le soleil.
Matrix Industries vends des modules thermoélectriques complets (Prometheus) pour récupérer de l'énergie électrique à partir d'une source chaude et d'une source froide. Ce ne sont pas les seuls, par exemple MicroPelt proposait le même genre de système avant 2010.
Mithras Heat-sync
En 2021, Ka Yin Cheung et Mithras développent Heat-syunc, un projet de montre alimentée par un générateur thermoélectrique avec la particularité d'utiliser un afficheur e-paper, de très faible consommation.
Inutile de s'esbaudir devant une annonce du genre "c'est la première montre au monde à utiliser la chaleur du corps", comme on le voit parfois sur des articles tape-à-l'œil.
Maintenant, regardons les applications des pompes à chaleur thermoélectriques.