Couleurs
Maintenant que l'on connait un peu le fonctionnement de l'œil, on comprend que la définition des couleurs sera forcément arbitraire. On va donc choisir des références, et c'est ce qui se passe en peinture depuis des siècles.
Choisir des références, c'est bien, encore faut-il se mettre d'accord, et être capable de reproduire les couleurs à volonté avec une précision suffisante. C'est comme le mètre étalon ou le kilogramme étalon de dans le temps...
Cela implique également d'avoir une certaine compréhension du mélange des pigments et des filtres, et nous allons commencer par là.
Couleurs primaires
Comme il existe 3 sortes de cônes, il faut choisir 3 couleurs dites primaires qui permettront de créer toutes les autres couleurs.
Généralement c'est le triplet {rouge, vert, bleu} qui est sélectionné, mais d'autres choix sont possibles comme {magenta, jaune, cyan}.
Synthèse additive
Nous avons déjà vu que deux raies monochromatiques rouge et vert permettait d'obtenir une impression visuelle équivalente au jaune : c'est de la synthèse additive. Deux couleurs primaires permettent l'obtention d'une couleur secondaire, et on peut continuer comme ça.
C'est à peu près évident quand on parle directement de l'addition de photons, car on part de rien, "du noir".
Synthèse soustractive
Mais ça se passe mal quand on ajoute des pigments de peinture : mélangez du rouge, du vert et du bleu, et vous n'obtiendrez pas du blanc, mais une bouillie infâme...
Tout ça parce que les pigments de la peinture absorbent des couleurs pour n'en renvoyer qu'un peu. On éclaire avec de la lumière blanche (on ne part pas du noir), et on obtient par exemple du magenta avec un pigment (colorant) qui absorbe le vert.
Il s'agit en réalité d'une synthèse soustractive, malgré que l'on réalise une addition de pigments !
Il se passe la même chose quand on parle d'un filtre car celui-ci absorbe certaines couleurs, comme pour les pigments ou colorant. C'est une gymnastique intellectuelle un peu différente.
Conditions d'éclairage
En synthèse additive, on ajoute de la lumière. Comme on part du noir, tout se passe bien, il n'y a pas de lumière perturbatrice au départ.
En synthèse soustractive, qui est le cas de toutes les peintures qui contiennent des pigments et autres colorants, on retire de la lumière. Alors évidemment, si la lumière de départ n'est pas parfaitement blanche, on obtient des résultats disparates, ce qui rend les comparaisons compliquées puisqu'il faudra se mettre d'accord sur la qualité de la source !
Température de la source
Je ne vous ai pas enquiquiné avec ce qu'on appelle la température de la source lumineuse. C'est souvent maintenant que l'on utilise une température pour désigner nos ampoules électriques, et il s'agit simplement du spectre qu'émet un corps noir (un mauvais terme puisqu'il devient lumineux...) lorsqu'il est mis à une certaine température.
Mélange optique
Lorsque des points colorés sont suffisamment rapprochés, alors l'œil n'arrive plus à les séparer et effectue une synthèse additive des couleurs.
C'est une technique couramment employée dans les écrans et dans les impressions. C'est également la technique employée par certains peintres, le pointillisme.
Pour l'impression, cela revient à une combinaison de synthèse soustractive (pigments) et additive (mélange).
Nuanciers Pantone, RAL...
On se débrouille comme on peut avec des références définies arbitrairement, et ça marche depuis longtemps, même si c'est toujours discutable.
Vous trouverez sur le web divers sites proposant ces nuanciers standards, par exemple :
- Liste des codes et noms de couleur en informatique et imprimerie. N'oubliez pas de choisir une teinte avant d'afficher.
Pantone
Le nuancier Pantone ou pantonier est un nuancier universel créé en 1866 aux États-Unis pour les produits cosmétiques et utilisé aujourd'hui en imprimerie et en conception graphique. Il contient plus de 900 couleurs codifiées afin de faciliter la recherche et la communication.
Ou l'équivalent en RAL, ou dans un autre système.
RAL
Le nuancier RAL Classic est le nuancier de référence pour les professionnels de l'industrie (peinture en bâtiment, automobile, design industriel). Il contient 213 couleurs codées sur 4 chiffres, dont 188 couleurs de corps, 2 couleurs de fer micacées, 5 couleurs lumineuses et 15 couleurs nacrées.
Le nuancier RAL Design est une évolution du RAL Classic introduite en 1993, plus adapté aux besoins des designers d'intérieur, décorateurs, architectes et publicitaires. Il comporte plus de 1700 couleurs classées dans un format TTT LL SS très utile aux recherches.
Le nuancier RAL Effect est la première collection de RAL basée sur des systèmes de peinture à base d'eau, sans usage de métaux lourds, qui permet une combinaison harmonieuse des couleurs unies et métalliques. Il comporte 420 couleurs solides et 70 couleurs métalliques (marquées d'un "M").
garanties Web
Une palette de 216 couleurs garanties sur le Web (web-safe colors) a été conçue quand il fallait un ensemble de couleurs pouvant être affichées sans tramage sur les écrans limités à 256 couleurs.
Le nombre 216 a été choisi car il permettait exactement six tons de rouge, de vert et de bleu (6 × 6 × 6 = 216). Les systèmes d'exploitation pouvaient alors exploiter les 40 valeurs non attribuées.
X11
La norme X11 est un protocole de système de fenêtrage qui gère l'écran, la souris et le clavier. C'est le système standard ouvert d'interaction graphique avec l'utilisateur sur UNIX et il est disponible sur la plupart des systèmes d'exploitation.
X11 propose une palette composée de 140 couleurs prises en charge par la plupart des navigateurs Web.
HTML, CSS et SVG
Les couleurs HTML, CSS et SVG peuvent être indiquées aux navigateurs par des codes nommés.
La spécification CSS de niveau 1 n'acceptait que 16 couleurs basiques, qui sont les seules toujours reconnues en HTML. Maintenant les 140 noms définis par la norme X11 sont reconnus par les navigateurs actuels en CSS et SVG, mais quatre d'entre elles n'ont pas les mêmes teintes ("gray", "green", "maroon" et "purple").
Autres
Vous connaissez à présent les nuanciers les plus courants, il en existe d'autres moins connus et d'un intérêt relatif. Le code RGB permettant d'afficher une image à l'écran est le plus universel. Mais les écrans ne sont pas tous égaux devant les couleurs...
De l'arbitraire est nécessaire pour définir les couleurs, vous avez vu quelques propositions qui se sont plus ou moins imposées.
Il existe aussi quelques outils utiles aux peintres et autres personnes manipulant les couleurs, il s'agit de la roue chromatique et ses divers avatars.